Selon un rapport du think tank Ember, la Caraïbe a installé près du double de panneaux solaires que prévu entre 2021 et 2024 (2 280 MW contre 1 269 MW enregistrés).
Cette sous-estimation a été révélée par l’analyse des données d’importation de matériel photovoltaïque chinois.
Malgré cet essor spontané, la région dépend toujours à plus de 90 % des combustibles fossiles importés.
Dans 11 pays étudiés, dont la République dominicaine, la totalité du combustible électrique doit être importée.
Cette dépendance entraîne un coût moyen de l’électricité à 25 cents/kWh, soit le double de la médiane des économies émergentes.
Pourtant, le solaire y est désormais nettement moins cher que la production à partir de gaz ou de pétrole.
Aux Bahamas comme en République dominicaine, les contrats solaires (avec stockage) battent largement les prix fossiles.
Selon Wilmar Suárez (Ember), l’obstacle majeur n’est donc pas financier mais purement politique.
La plupart des pays fixent des objectifs renouvelables non contraignants ou non suivis, et aucun n’est sur la bonne voie.
En 2024, les énergies vertes ne représentaient que 9 % de l’électricité caribéenne, contre 32 % au niveau mondial.
Atteindre les objectifs ciblés porterait ce chiffre à 23 % d’ici 2030 et réduirait la dépendance fossile de 9 %.
Pour débloquer la situation, Ember recommande des objectifs indépendamment vérifiés et des processus d’octroi transparents.
Le think tank préconise aussi d’attribuer les licences de raccordement indépendamment des compagnies électriques nationales.
Il appelle enfin à adapter les appels d’offres aux besoins réels des réseaux électriques locaux.
Une transition accélérée offrirait ainsi à la Caraïbe une électricité moins chère et plus résilience face aux ouragans.
